
Km parcourus : 228 (Total 1662), température 23-28°
On commence la journée avec une petite route sinuant au milieu des oliviers. Au détour d'un virage j'arrête la moto devant une nuée de moutons et de chèvres poussés par une vieille femme. On est dans un autre âge, on remarque un homme assis sous un olivier vers sa mobylette, puis plus loin un autre, et encore un adolescent qui attend au bord de la route ; c'est curieux. A ce moment le GPS se perd et ne recalcule plus la route. Après un arrêt pour rebricoler le bazar et un demi-tour, on repasse vers le garçon où un camion est arrêté, et là on comprend que ces trois personnes attendaient le ramassage du lait, comme chez nous, avant. Ben tout ça va en faire du bon feta !
Après avoir rejoint Patras, on quitte le Péloponèse en passant le pont de Rhion qui enjambe le détroit de Corinthe. Ce pont a été terminé à temps pour les Jeux Olympiques d'Athènes en 2004, en attestent les piliers en forme de flammes.
Puis la route longe la côte et on aperçoit le Péloponèse de l'autre côté du détroit. Les petits villages côtiers en contrebas attendent les touristes avec leurs grandes plages de galets. "Pour le moment ils ne se bousculent pas", nous dit le barman d'un petit troquet où on s'est arrêté pour déguster un petit café grec.
C'est au temple d'Apollon à Delphes qu'on venait demander conseil pour préparer une guerre, un voyage, un mariage, etc... auprès d'un médium, la "pythie". Les pythies étaient choisies parmi les jeunes paysannes vierges de Delphes. Mais en 217 av JC quand l'une d'elles se fit la malle avec son galant, la règle changea, on finit par choisir des femmes de 50 ans (habillées en jeune fille, mais vierges ?).
La pythie buvait de l'eau de la source sacrée, machait du laurier et entrait en transe, ensuite les prêtres interprétaient ses oracles. Récemment un géophysicien américain a découvert que du sol de la pièce où officiait la pythie s'élevaient des gaz d'éthylène qui ont des propriétés hilarantes et euphoriques...
Apollon et son temple....
Des points d'eau (sacrée ?) sont à disposition des touristes, on en profite pour remplir nos bouteilles pour se shooter façon pythie ? non ! pour se purifier le corps. Josy qui s'initie à la géobiologie a emmené son pendule : les énergies à certains endroits du site sont bien agréables (à la source sacrée, au temple d'Athena presque désert l'après-midi en pleine cagna). Allez on rapportera une bouteille d'eau de Delphes à la place de l'ouzo. ça va pas, non!
La pythie et son pendule... et la mer d'oliviers de Delphes jusqu'au détroit de Corinthe
Km parcourus : 255 (Total 1917), température 18 à 30°
Une très belle journée de moto. D'abord une petite purification du véhicule par un nettoyage rapide à la source sacrée de Delphes, puis on enchaine avec un cafouillage GPS au village d'à coté (Arachova) pour trouver la route de Lamia avec un petit tour dans des rues étroites en pente, en dévers, en double sens, avec rigole au milieu et voitures garées n'importe où (Josy panique un peu : j'admets), finalement on change d'itinéraire : une autre petite route, très sportive aussi, dans la montagne. Finalement on est content de ce choix lorsque nous sommes "bloqués" par une tortue qui traverse la route. Ah! ça nous rappelle la Grèce d'il y a plus de 35 ans où on en voyait souvent (mais hélas beaucoup d'écrasées). La route nous emmène à plus de 932 m, puis en redescendant sur la côte de la mer Egée devient une autoroute, alors j'en profite un peu pour lâcher les chevaux (la moto trépignait depuis plusieurs jours).
On ne pouvait pas passer à coté des Thermopyles sans aller saluer la mémoire de Léonidas, qui en l'an 480 av JC a tenu trois jours à retarder l'avance des Perses avec 300 Spartiates et 700 Thespiens, alors que l'armée perse de Xerxes a été estimée à 1 700 000 guerriers. A l'ordre de Xerxès de "Rendez les armes", Léonidas a eu cette phrase restée célèbre "Venez et prenez les" (le film "300" retrace l'épopée de Léonidas)
Km parcourus : 110 (Total 2027), température 17 à 26°
Makrinista est située sur une hauteur à 600 m, dominant le port de Volos (3 éme du pays). On se croirait dans les Alpes, les maisons en pierre couvertes de lauze (grandes pierres plates) avec les volets et les balcons en bois.
Des ruelles en pente faites de marches en pierre permettent le passage entre les maisons. Le soir nous sommes étonnés de voir passer dans une ruelle une caravane de six chevaux chargés. "C'est le seul moyen pour amener des marchandises, il n'y a qu'une route et le village est étendu" nous précise la maîtresse de la chambre d'hôtes où on loge.
Encore une journée ou le motard s'en donne à coeur joie. "Quel plat de nouilles" me dit Josy en montrant les tournicoti tournicota de la route sur le GPS. Mais la moto assure et nous fait traverser la région très boisée du Pélion vers la plage de Milopotamos, d'abord en montant à 1200 m, puis en redescendant sur la mer Egée parmi les vergers (pommiers, poiriers, cerisiers, kiwi) et les immenses platanes des villages.
La plage de Milopotamos, et Josy bien attablée devant des dolmadès (feuilles de vigne), des moules, et des anchois.
Au retour on découvre les usines à Feta au bord de la route.
